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Le point sur changement climatique

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Article écrit par Thomas du Club Météo (élève de seconde) - Publié le 5 juin 2019



A l'heure des multiples débats qui s'engagent sur la transition écologique, le club météo vous propose de dresser un bilan des effets du changement climatique dans notre région. Ce bilan s'appuiera sur les données relevées par la station du lycée mais également sur des données plus anciennes provenant de la station Météo France de Montpellier-Fréjorgues.

I) Etat des lieux
Bilan sur le Biterrois

Jetons un petit coup d'oeil sur l'évolution de la température moyenne et des pluies sur le Biterrois depuis 1975 soit un peu plus de 40 ans de relevés; les données de pluie proviennent de stations sur Béziers ville (dont celle du lyçée depuis 2011) et celles de températures de la station Météo France de Montpellier- Fréjorgues.

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évolution des précipitations sur Béziers - Source : Météo Jean Moulin

Il ne se dégage pas d'évolution nette au niveau des précipitations bien que la courbe tendance indique une légère diminution. Les pluies restent très disparates et variables selon les années. L'année la plus pluvieuse fut 1996 avec 1443 mm devant 1976 avec 1128 mm. Notons que 2018 s'est distinguée avec 954 mm. La pluviométrie moyenne sur la période 1975-2018 s'établit à 626 mm contre des normales de 636 mm sur la période 1981-2010 .


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évolution des températures sur Béziers et Montpellier- La courbe en pointillé est la tendance linéaire - Source : Météo Jean Moulin et Météo France

Pour les températures, il se dégage une tendance avérée à la hausse. Dans les années 70, la température moyenne annuelle variait autour de 14°; depuis 2010 elle s'étage aux environs de 16°C soit une augmentation de près de 2°C sur 40 ans. Les 3 années les plus chaudes se trouvent après 2014 avec 16,4°C en 2014, 16,2 °C en 2018 et 16,1°C en 2015.
La moyenne sur la période 1975-2018 s'établit à 15 °C , les normales sur la période 81-2010 s'élève à 15,1°C.


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écart aux normales de température sur Béziers et Montpellier - Source : Météo Jean Moulin et Météo France

Le graphe ci-dessus décrit l'écart des températures moyennes comparé aux normales 1981-2010; la couleur est rouge lorsque la température est supérieure aux normales et bleu lorsqu'elle est inférieure.
On remarque que toutes les années excédentaires se situent après 1990. Sur les 28 dernières années, seules 8 années ont vu des températures inférieures aux normales. Cette tendance à la hausse semble se confirmer sur les 5 dernières années de la période.

Bilan sur le pays

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Ce graphe permet de mettre en évidence une augmentation importante des températures moyennes en France depuis 1990. Toutes les années depuis 1990 présentent un excédent thermique systématique par rapport aux normales (période de référence 1961-1990). Seules les années 1996 et 2010 sont quasiment dans les normes et 2014 est l'année la plus chaude depuis 1900 avec un excédent proche des 2°C.


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évolution des précipitations sur la France - Source : Météo France

Au niveau des précipitations, le bilan est plus nuancé du fait d'une grande disparité selon les régions. On remarque malgré tout une tendance à l'augmentation des pluies sur le grand est de la France jusqu'au massif central et une diminution sur le quart sud-est et la Nouvelle Aquitaine.


En conclusion, le bilan est sans appel au niveau des températures avec une augmentation globale sur la France et en nette accélération depuis 1990. Quant aux précipitations, elles semblent s'intensifier là où il pleuvait déjà beaucoup et se raréfier dans les régions les plus sèches.


II) Les causes
Les explications naturelles

Les paramètres orbitaux et l'activité solaire

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Souvenez-vous! Il y a 21000 ans, la planète connaissait son dernier maximum glaciaire et les glaces recouvraient la Scandinavie et s'arrêtaient aux portes de la France. Le climat varie au fil des siècles et la terre a tantôt été baignée par une moite torpeur, tantôt figée sous un froid glacial; ces 2 extrêmes étant ponctués de longs épisodes plus ou moins tempérés. De nombreux paramètres jouent sur le climat et le façonnent au long des années.


C'est d'abord une histoire d'astronomie. Ainsi, les paramètres orbitaux de la terre influent sur son climat, que ce soient la précession (changement de direction de l'axe de rotation), l'inclinaison de ce même axe et également l'excentricité de son orbite autour du soleil (fig. ci-contre).


L'influence du soleil est elle aussi bien rélle. Il existe effectivement des cycles solaires de 11 ans dont l'intensité plus ou moins importante est directement correlée au nombre de tâches solaires. Mais son incidence sur la variabilité du climat demeure cependant limitée.



(Milankovitch, 1920)

Le volcanisme

Plus proche de nous, le volcanisme joue également un rôle. Les éruptions pouvant être très violentes et dégager beaucoup de particules et de fumées dans l'atmosphère, l'influence directe sur le climat peut être importante mais de courte durée. L'éruption du Pinatubo aux Philipinnes en 1991 a provoqué une baisse moyenne de 0,6°C des températures à l'échelle de la planète pendant 2 à 3 ans.

Les courants marins

La NAO (North Atlantic Oscillation) caractérise un fort gradient de pressions présent sur l'atlantique nord. Selon, la position relative des hautes et des basses pressions, la NAO sera dite positive ou négative. En cas de NAO positive, il y a un fort courant d'ouest générant de multiples dépressions vers l'Europe du nord. En cas de NAO négative, le rail dépressionnaire est moins intense et passe plus au sud. Cette oscillation influe donc de manière locale et plus ou moins importante sur le climat de l'Europe du nord.

Toujours interne à la planète, la modification de certains courants marins peuvent sur de courtes périodes modifier conséquemment le climat. C'est notamment le cas du phénomène El Nino qui est décrit en détail ICI .
En cas de phénomène El Nino, les courants d'eau chaude se déplacent plus à l'est et viennent directement toucher les côtes péruviennes et chiliennes. Ce déplacement des courants a un effet mondial sur la répartition des précipitations provoquant sécheresse sur certaines zones et fortes pluies sur d'autres. En Europe, l'effet de El Nino est cependant nettement plus limité et son impact assez mal appréhendé.
Enfin,nous connaissons tous le Gulf Stream qui influe directement sur notre climat et permet à nos côtes, pourtant situées à des latitudes équivalentes à celles du Canada, de profiter d'un temps océanique doux en hiver.

L'effet de serre

effet de serre





Pour terminer ce petit tour des principaux paramètres jouant sur la variabilité climatique, parlons de l'effet de serre qui est à la fois un phénomène naturel mais également anthropique (dû aux activités humaines). La figure ci-contre explique simplement le phénomène.


La journée, la planète absorbe le rayonnement solaire et se réchauffe; la nuit, elle se refroidit par rayonnement infrarouge. L'augmentation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère piège une partie du rayonnement infrarouge. Ceci provoque à terme un bilan radiatif qui n'est plus équilibré et donc un réchauffement global de l'atmosphère.









Source : ENM (Ecole Nationale de la Météo située à Météo France Toulouse)

Les explications anthropiques

Les facteurs anthropiques sont des causes de variabilité du climat uniquement imputables à l'homme. La très grande majorité des scientifiques pensent que les émissions de gaz à effet de serre (GES) d'origine humaine sont la principale source de variabilité du climat des dernières décennies.
Le principal GES est d'origine naturelle puisqu'il s'agit de la vapeur d'eau qui représente 75% de la totalité des GES de l'atmosphère, cependant sa teneur dans l'atmosphère est stable voire en très légère augmentation du fait d'une évaporation plus importante avec l'augmentation des températures. Les autres principaux GES sont dues aux activités humaines, principalement le CO2 à hauteur de 74% (combustion des énergies fossiles) puis le méthane et les CFC industriels. Le graphe ci-dessous présente la répartition de ces GES anthropiques par secteur d'activité.

GES

Source : Robert A. Rhode


D'après de nombreuses études, l'augmentation de la teneur en CO2 semble directement correlée à l'augmentation de température de la planète comme l'illustre le graphe ci-dessous.

co2

Source : A. Watts





III) Les effets
Les changements marins

Hausse du niveau des eaux

D'après les différentes projections, le niveau global de la mer pourrait monter d'un mètre d'ici 2100 dans l'hypothèse la plus pessimiste. Des études plus récentes modèrent toutefois ce chiffre aux alentours de 50 cm. Cette hausse sera due à la fonte des glaciers terrestres notamment en arctique et à la dilatation du volume des océans directement liée à l'augmentation de température de l'eau.
Une grande proportion de la population terrestre vit sur les côtes et pourrait donc être fortement impactée par ce phénomène; on peut notamment citer des pays comme le Bengladesh qui pourrait perdre une grande partie de ses terres.

Les courants marins

L'image ci-dessous représente la circulation thermohaline mondiale actuelle. La modification du niveau des mers et la hausse de température des eaux pourraient à terme modifier certains courants marins qui jouent un rôle important sur notre climat comme par exemple le Gulf-Stream qui tempère les côtes de l'Europe de l'ouest.

courants_marins

Source : ENM


Acidification des océans

Le CO2 présent dans l'atmosphère se dissout dans les océans et les acidifie faisant diminuer leur pH. Cette modification du pH peut à terme modifier et perturber l'écosystème marin.

Les changements climatiques

Les températures

Il est prévu globalement une augmentation de la température moyenne de la planète variant selon les hypothèses et les différents scénarios de notre comportement futur entre +2 et +7°C. Cette hausse sera variable selon les endroits de la planète et devrait affecter plus particulièrement les zones les plus froides. Autrement dit, le réchauffement est déjà et sera plus marqué dans les pays proches des pôles.

Les précipitations

Pour les précipitations, les projections futures sont plus difficiles à interpréter et sont variables même à petite échelle géographique. On peut néanmoins penser que les pluies auront tendance à augmenter dans les zones plutôt déjà humides et à diminuer dans les zones déjà sujettes à des sécheresses.
Quant à l'enneigement en montagne, il devrait également régresser tant en durée qu'en importance. La courbe ci-dessous retrace l'évolution de l'enneigement au Col de Porte entre 1960 et 2012 montrant une tendance nette à la baisse.

enneigement





Les activités humaines

Economie et agriculture

L'actualité récente nous rappelle que le changement climatique est présent dans le quotidien des agriculteurs. Pour preuve, de nombreux viticulteurs ont dû lutter cette année contre des gelées tardives fin avril - début mai alors que les vignes bourgeonnaient suite à un nouvel hiver doux.
Certaines cultures souffrent davantage du manque d'eau et de la chaleur chaque année, ce qui oblige toute l'agriculture à évoluer et à s'adapter. De même, de nombreux secteurs de l'économie sont météo-dépendants et leurs activités sont donc très liées aux changements climatiques en cours.


Notre environnement

La faune et la flore subissent elles aussi des bouleversements. Par exemple, le moustique tigre, arrivé en France à l'occasion de nos déplacements, s'est parfaitement acclimaté au sud de la France et gagne assez rapidement le reste du pays à la faveur d'hivers de plus en plus doux.
De même, certaines plantes montagnardes qui poussaient dans les Alpes à des altitudes moyennes de 1000 mètres se retrouvent maintenant à de plus hautes altitudes.




IV) La lutte
En changeant nos habitudes de vie

Si on admet que la principale cause du bouleversement climatique est liée aux émissions de gaz à effet de serre (GES), c'est évidemment sur ces GES qu'il faut agir.

Plus de 50% des émissions sont dues à la production d'énergie, aux transports et à l'industrie. C'est donc sur ces secteurs qu'il faudra agir pour réduire les GES en changeant nécessairement nos habitudes de vie et de consommation (amélioration de l'habitat, développement des transports en commun, production d'énergie propre...).

En développant notre résilience

D'après Wikipédia, on peut définir ainsi la résilience : "la capacité d'un corps, d'un organisme, d'une espèce, d'un système à surmonter une altération de son environnement." C'est évidemment ce que devra réaliser l'espèce humaine pour s'adapter à des changements d'ores et déjà inévitables. Ceci pourrait passer par une agriculture plus raisonnée et mieux adaptée, des dépenses énergétiques plus vertueuses...

En refroidissant la planète !

Certains scientifiques pensent que le mouvement enclenché est d'ores et déjà irréversible et envisagent des solutions plus ou moins réalistes afin de refroidir la planète. De toutes les hypothèses envisagées, 2 semblent plus particulièrement sensées et éventuellement réalisables.
La première consiterait à envoyer dans l'atmosphère des particules (soufre ou calcaire) permettant par filtrage du rayonnement solaire de perdre quelques degrés. Cette solution fonctionne sur le papier mais elle ne résout pas le problème car elle ne diminue en rien la concentration en GES de notre atmosphère.
La seconde consiste à augmenter la basicité des océans pour en augmenter le pH et permettre une meilleure absorption du CO2 par l'eau. Il faudrait déverser en des endroits stratégiques des tonnes et des tonnes d'olivine (minerai disponible à profusion sur terre). Cette solution fonctionne également sur le papier et permet de diminuer la concentration en CO2 mais il faudra la mettre en oeuvre et espérer qu'elle n'ait pas trop d'incidence sur l'écosystème marin !

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